Élisabeth Montfort (Nouveau Feminisme Européen) : «Notre société a besoin des femmes qui sont des femmes, des hommes qui sont des hommes»

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de Stefania Armanca

En Novembre 2014, Mme Montfort est venue à Bucharest pour parler aux Roumains des risques de l’idéologie du genre pour la famille et la société. Mme Montfort a présenté à Bucharest la version Roumaine de son livre, Le genre en questions.

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Madame Montfort, quand est-ce que vous avez réalisé le danger de cette idéologie ? Comment pensiez-vous de l’homme et de la femme quand vous étiez adolescente ?

Élisabeth Montfort: [Je n’y pensait] pas du tout ! Pas du tout ! J’ai découvert cette idéologie quand je suis arrivée au Parlement Européen, en 1999, un petit peu par hasard, parce que j’étais à la Commission Industrie Recherche. J’étais Rapporteur du Programme pluriannuel pour les entreprises et une de mes collègues avait déposé un amendement qui demandait que le Programme Entreprises prenne en compte le gender mainstreaming. C’est une expression en Anglais qui n’est jamais traduite, elle reste toujours en Anglais. J’ai appelé mon assistante et je lui ai demandé : «Qu’est-ce que fait cette expression dans mon rapport ? C’est un rapport technique!». Elle m’a dit : «Ne vous inquiétez pas, c’est un truc des féministes».

Alors, évidemment, il m’en fallait pas plus pour aller justement voir ce qui se cachait derrière cette expression. Donc, j’ai découvert toute une nébuleuse, qui venait à la fois des féministes radicales et des féministes du genre, ou du lobby LGBT.

Et en fait j’ai réalisé qu’il y a une connivence entre les deux sur la critique de la société patriarcale : la domination de l’homme sur la femme, les stéréotypes contre les femmes, les discriminations sexistes, tous les lieux dans lesquels la femme n’est pas l’égale de l’homme etc – j’ai découvert tout cet ensemble.

Et, à partir de là, donc – j’ai vraiment travaillé sur le sujet –, j’ai constaté d’ailleurs que le mot «genre» avait plusieurs sens, que certains utilisaient le mot «genre» pour dire «égalité homme-femme» (ce qui n’a rien d’idéologique), tandis que les autres utilisaient le mot «genre» dans un sens complètement idéologique, où la distinction homme-femme était complètement ignorée et où même la réalité de l’homme et de la femme était totalement ignorée.

Qu’est-ce que c’est plus important : l’égalité, ou la différence ?

Élisabeth Montfort: Les deux ! En fait, notre pensée occidentale – ce n’est pas propre à la Roumanie, en France aussi, aux États Unis, aux pays anglo-saxonnes – nous sommes très imprégnés par la pensée marxiste et nous n’arrivons plus à penser en même temps égalité et différence.

Par ce que, pour les marxistes, différence est synonyme de l’hiérarchie. D’ailleurs, tous ces groupes, tous ces lobbys – féministes radicales, lobby LGBT – n’a jamais défini l’égalité. Pour les féministes du genre et les féministes radicales, l’égalité c’est faire les mêmes choses. C’est une égalité du comportement, une égalité du faire et de l’agir.

Or, l’égalité de l’homme et de la femme c’est une égalité de l’être. Alors, auprès que les femmes fassent les mêmes métiers que les hommes, ça ne pose aucune problème, pourvu qu’elle le fasse en tant que femme et qu’elle n’oublie pas son identité de femme, qui est différente de l’identité de l’homme.

Donc, il y a un formidable malentendu, volontaire ou non (vous voyez que je suis très bienveillante), qui nous fait croire que, tant qu’on ne fait pas les mêmes choses comme les hommes, nous, femmes, ne sommes pas égaux. Et ça n’est pas juste. Pas du point de vue de de l’analyse.

On peut faire les mêmes choses et rester différentes, où on peut ne pas faire les mêmes choses et rester égaux, par ce qu’on a la même nature humaine.

Comment expliquer aux enfants quelque chose de différent de ce qu’ils apprennent à l’école ?

Élisabeth Montfort: D’abord, je pense que les premièrs éducateurs sont les parents. C’est vrai qu’on n’est pas toujours d’accord avec ce qui se dit dans les écoles sur le plan historique, sur le plan grammatical, dans la littérature… Moi, j’ai des enfants (j’en ai quatre, ils sont grands maintenant, entre 34 et 26 ans) et je n’étais pas toujours d’accord avec ce qui disaient les professeurs. Et donc régulièrement j’allais voir les professeurs et je leurs disais : « Bon, vous avez dit ça et voilà, vous auriez pu aussi dire ça… » Je faisais des remarques et ça se passait dans un dialogue constructif.

Donc, c’est normal que les parents ne soient pas toujours d’accord avec ce que disent les enseignants. C’est toujours les parents qui sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Et, sur les questions les plus intimes – comme la question de l’éducation sexuelle, les questions de l’éducation affective (on oublie souvent le mot « affectif » et on ne dit que de celle « sexuelle ») – ça commence à la naissance. Et ça commence à la manière dont les parents vont porter le corps de l’enfant : comment ils vont prendre ce corps, recevoir ce corps : est-ce qu’il est un objet, ou il est une personne ? À partir de là, apprennent à l’enfant le respect du corps. C’est complètement l’éducation sexuelle, le respect du corps !

Alors, les parents sont tout à fait en droit de rencontrer les enseignants quand les enseignants se prennent des éducateurs des enfants. C’est les parents qui sont les premiers éducateurs des enfants et il faut être extrêmement vigilant. Je reste convaincue que cette rencontre avec les enseignants il faut qu’elle se passe dans le dialogue bienveillant, le dialogue positif et pas dans l’affrontement : «Vous avez dit ça à mon enfant, je n’accepte pas!» Ça ne sert à rien, par ce que au final c’est l’enfant qui sera la victime. Or, l’éducation d’un enfant est extrêmement sérieux. Il vaut mieux que les parents et les enseignants travaillent ensemble pour le bien de l’enfant.

Est-ce que vous connaissez quelqu’un qui a souffert après avoir adopté cette idéologie et avoir conduit sa vie auprès d’elle ?

Élisabeth Montfort: Les premiers en souffrir ce sont les hommes. Dans la société occidentale, nous avons eu une société patriarcale. Le droit, quand on regarde le Code de Napoléon – qui a marqué le Code Civile Français, qui a marqué le Code Civile Roumain (voilà, nous avons des points communs) –, les femmes sont passées de la tutelle du père à celle du mari. C’est vrai que, quand on s’entend bien, on prend les décisions à deux et, même si l’endroit de la femme n’est pas égal de celui de l’homme, on peut quand même construire ensemble une famille dans le respect de l’un et de l’autre.

Les femmes ont évidemment pris leur revanche ! Quand une catégorie de la population este méprisée autant qu’elle n’ait pas sa juste place, il ne faut pas s’étonner qu’il y a une réaction. Les femmes ont voulu prendre leur revanche et dire : «Nous sommes des personnes humaines à part entier, comme les hommes.»

Elles ont pris leur revanche et maintenant elles veulent maîtriser les hommes. Et nous sommes aujourd’hui dans une société très féminisée – en tout cas, en France c’est vrai, dans d’autres sociétés occidentales également. Où c’est la femme qui maintenant prend toute la place dans l’éducation des enfants, tout en disant qu’il faut que le père s’occupe des enfants. Elle impose sans le voire son propre modèle à l’homme. Et elle dit à l’homme qu’il ne faut pas être violent, qu’il ne faut pas être viril, qu’il faut être féminisé, qu’il faut être doux… Comme si la douceur empêchait la fermeté ! Il y a tout un discours là-dedans.

Finalement, la première victime par revanche c’est l’homme, qui ne trouve pas aujourd’hui sa juste place. Et, quand la femme, la mère dit au père de prendre sa place, elle le lui dit pas de faire ça comme un homme ! Ce n’est pas un regard juste sur la paternité et la maternité.

Donc, les hommes aujourd’hui sont des victimes, ils ne puissent pas prendre la parole, ils n’osent plus prendre la parole, par ce que, si ils prennent la parole, on leur dit : « Oui, mais tu es un autre chose, c’est normal que tu réagisses comme ça. »

Donc il y a tout un discours qui fait aujourd’hui qu’il y a une féminisation – mais pas au bon sens – de la société. Or, notre société a besoin des femmes qui sont des femmes, des hommes qui sont des hommes – et les hommes doivent respecter les femmes. Et, finalement, les enfants sont éduqués dans ce société-là, où on leur dit : « Oh, il faut adoucir la virilité », etc. En conséquence, le petit garçon peut être frustré de son futur rôle de père, qui est de détacher l’enfant de la mère, d’empêcher cette fusion de l’enfant avec la mère et d’être un être autonome et adulte. Il faut veiller à ça dès quand l’enfant est tout petit. La deuxième conséquence aussi est que l’homme et la femme ne se regardent plus dans le respect, dans la complémentarité, dans une manière de faire œuvre commune, mais ils se regardent dans une rivalité de pouvoir : « Vous, les hommes, vous avaient beaucoup de pouvoir, maintenant nous, les femmes, avons les mêmes droits, donc on va prendre le pouvoir! Et donc vous allez laisser votre place. » Donc c’est une société de violence ! Une société de rivalité, une société de compétition, donc une société de violence. Nous sommes tous perdants dans l’affaire.

Il y a des hommes qui adoptent ces idées ? Pourquoi ?

Élisabeth Montfort: On leur laisse pas le choix ! On les oblige à laisser la place !

Mais tout ne se passe pas de cette façon dans la société. Je suis dans un conseil municipal dans une ville au centre de la France et les relations que nous avons entre les hommes et les femmes sont excellentes, chacun se respecte. Ce n’est pas par ce qu’une femme a parlé que les hommes vont lui dire : «C’est nul.» Vous voyez, les femmes ne disent pas non plus aux hommes : «Taisez-vous, c’est nous, les femmes qui commandons!»… Non. Il y a une entente, il y a un respect.

On ne peut pas dire que ce soit partout pareil, mais dans les discours, dans les revues des féministes il y a quand même cette idée qu’il faut prendre le pouvoir à la place des hommes.

Vous dites que la France profonde n’adopte pas ces idées…

Oui, parce qu’il y a encore beaucoup de bon sens et je vois une grande différence entre la vie dans les petites villes et la vie dans la Capitale de Paris et avec le matraquage des médias. Par ce que c’est un matraquage, avec la force des images, la radio et la télévision et tout ça, qui viennent comme une agression et qui donnent une image qui n’est pas l’image de la femme et l’image de l’homme, [qui n’est pas] la réalité de l’homme de de la femme. Je vois une différence, oui. Puis on vit plus simplement, on vit un rythme qui n’est pas un rythme dingue comme dans la Capitale. Les relations humaines sont beaucoup plus vraies.

Comment regagner la vraie pensée et notre vraie identité ? Comment redevenir des vrais hommes et des vraies femmes ?

Élisabeth Montfort: Peut-être il faut dire que l’idéologie du genre consiste à nier ou à mettre de coté la distinction homme-femme. Et, pour être égaux, il faut être pareils, donc les différences on va les mettre à coté, par ce que les différences nous empêcheraient d’être égaux. C’est ça l’idéologie du gender. Je pense qu’il faut que nous montrions – et c’est un témoignage, d’ailleurs – notre identité d’homme et notre identité de femme. Nous ne sommes pas des identités fermées, des replis sur soi. Je pense que la première chose à montrer c’est d’être nous-mêmes des hommes voir qu’il y a une unité en ce que nous sommes : une unité entre le corps, l’intelligence, le cœur et une unité dans notre vie : c’est vrai que je suis mère, que je suis une femme, engagée dans la vie politique, et c’est vrai aussi que je suis une épouse et tout ça est lié. Mais, dans l’organisation de ma journée, évidemment, mes activités vont être différentes.

Je pense que le plus beau témoignage, le plus beau signe que nous pouvons donner vraiment sur ce que l’homme et la femme sont aujourd’hui c’est d’être nous-mêmes déjà heureux.

Qu’est-ce que vous pensez de la politique de l’enfant unique en Chine ? Pourquoi l’ONU, les États Unis, l’Allemagne, la France ne disent pas rien sur ce sujet ? N’est-ce pas une discrimination ? Et nous sommes très préoccupés de l’idée de discrimination aujourd’hui…

Élisabeth Montfort: Il y a eu une résolution au Parlement Européen dont j’ai écrit un article sur le sujet. C’est contre la liberté des femmes, des mères !

Mais vous savez, les états se taisent, par ce que il y a des enjeux économiques, donc on ne va pas juger un pays pour risquer de perdre un marché pour vendre des avions, pour vendre des voitures… Donc on ne dit rien. On ne peut pas dire que la Chine reste un pays qui respecte les droits de l’homme. Or, nos gouvernants – en France, par exemple, les ministres, le président de  la république –, quand ils vont en Chine, ils ne parlent absolument pas des droits de l’homme, par ce que ça pourra peut-être les empêcher de signer un contrat de vente pour les Airbus ! Ce n’est pas cohérent tout ça ! En tous cas, on ferme les yeux sur des discriminations que l’on réclame dans son propre pays pour éviter de se mettre à dos un pays qui pourrait nous acheter des avions. C’est exactement la même chose avec l’Arabie Saoudite, par exemple, le pays musulman qui ne respecte pas la liberté des femmes. Comme on leur achète du pétrole et on leur vend des avions, il ne faut pas regarder ce qui se passe. C’est d’une lâcheté incroyable ! Alors il y a des petits voix quand même qui se lèvent de temps en temps pour rappeler aux gouvernants que, s’ils veulent être respectés, entendus (quand je dis « respecté » c’est  dans leur parole en tant qu’hommes politiques), il faut peut-être qu’ils soient cohérents aussi et qu’ils ne réclament pas la liberté et l’égalité homme-femme ou le respect des droits de l’homme dans notre pays et qu’ils s’en moquent totalement quand ils vont dans un autre pays pour signer des contrats de tout sorte. Les raisons économiques écrasent toutes les autres. Mais, tant que nous pouvons parler, parlons ! Prenons la parole et alertons les hommes politiques ! Nous le faisons en France. Régulièrement, des parlementaires – des députés ou des sénateurs posent des questions aux ministres et les ministres doivent répondre ; ça fait un peu du buzz, comme on dit sur l’Internet !

Qu’est-ce que c’est «l’égalité du mariage» ? «Le droit au mariage» ? «Le droit aux enfants» ? Comment vous commentez ces expressions ?

Élisabeth Montfort: Ce sont des expressions construites, inventées pour satisfaire les revendications du lobby – soit du lobby féministe radical, soit du lobby LGBT – pour redéfinir le mariage non plus comme lien entre la conjugalité et la filiation (ce qu’est le mariage !) et c’est bien la raison pour laquelle le mariage ne se peut célébrer qu’entre un homme et une femme, à cause de la filiation. Ce n’est pas une de l’esprit n’est pas une construction abstraite. On est en plein réalité, on est dans le concret. Le mariage est le lien entre la conjugalité et la filiation. Si un état protège les époux, ce n’est pas pour l’amour des époux. Par ce que l’amour des époux on ne peut pas le prouver (donné subjectif). C’est pour protéger les enfants, c’est à cause de la filiation, c’est pour dire à l’enfant qui est son père. Par ce que dans le mariage il y a une présomption de paternité. Quand les adultes ne sont pas mariés, le père est obligé d’aller à la mairie et reconnaître l’enfant. Donc c’est pour protéger l’enfant et pour dire à l’enfant : «Tu as une mère» – on sait, c’est celle qui accouche – et «Tu as un père» – c’est le mari de la mère. Seulement pour cela et c’est une grande chose.

Avec l’idéologie du gender, où la distinction homme-femme n’a plus de sens – en tout cas, n’est plus essentielle –, alors ce n’est plus la protection de l’enfant et le lien entre conjugalité et filiation qui compte, c’est la reconnaissance d’un amour entre deux adultes. Donc, il y a un changement complet dans le sens du mariage. Si bien que le mariage, qui est une institution, dans le sens qu’il respecte la filiation, il protège la filiation, donc les enfants, devient un contrat entre adultes pour reconnaître l’amour de deux adultes. Mais, encore une fois, l’amour est un donné subjectif et le droit ne peut pas prendre compte que des donnés objectifs. Donc, déjà, du point de vue du droit, ça pose un vrai problème.

Ensuite, et bien dès lors que on présente le mariage comme un droit, on a pas de raison pour le refuser à des personnes qui le demandent – quel que soit leur vie personnelle, donc leur circonstances (deux femmes ou deux hommes). Mais le mariage n’est pas un droit ! On en vend des droits abstraits pour donner satisfaction à des lobbies qui revendiquent une nouvelle manière de penser le mariage ou la filiation. Et à partir de là tout s’enchaîne comme un effet domino : l’adoption… Puisque le mariage pourrait devenir un contrat entre deux adultes, la filiation pourra devenir aussi un choix, une volonté de deux adultes alors qu’ensemble ils ne peuvent pas être parents. On ne regarde dans la filiation, dans l’enfant, que l’aspect éducation et on ne regarde pas le lien entre engendrement et éducation : donc en fait on voit bien que l’idéologie du gender est une idéologie de déconstruction, de dissociation : entre conjugalité et filiation, entre engendrement et éducation.

Deux hommes et deux femmes peuvent éduquer un enfant, mais on ne peut pas dire à l’enfant que ce sont ses deux parents, parce qu’il n’y a pas un engendrement – qui existe dans l’adoption des parents adoptifs. Père et mère, homme et femme sont dans une situation telle qu’ils auraient pu avoir un enfant, la filiation est vraisemblable. Ce qui n’est pas vraisemblable dans la situation de deux hommes ou deux femmes.

Le seul moyen pour obtenir satisfaction pour deux femmes ou deux hommes est de revendiquer un droit. Mais c’est un droit construit, un droit abstrait, qui ne corresponde pas à la réalité. On s’éloigne en permanence de la réalité, de ce donnée de la nature qu’est le corps sexué et on invente, à partir de sa propre volonté, ce qu’on choisit.

Vous avez dit que le lobby LGBT marche avec le lobby des féministes radicales. Vous avez fait une nouvelle association féministe et vous parlez d’un nouveau féminisme, dont je vous en prie de nous en parler.

Élisabeth Montfort: Justement, c’est pourquoi je précise bien que le féminisme radical ne donne qu’un aspect de ce qui est la femme, mais il ne regarde pas la femme dans son unité, dans sa totalité unifié. Et c’est ça le nouveau féminisme. Ce n’est pas un féminisme qui s’ajoute à la liste déjà longue. C’est un nouveau regard sur la femme, une réconciliation de la femme avec elle-même, comme femme, épouse et mère, une réconciliation de la femme avec l’homme dans une perspective de don, donc de respect et d’échange.

Dans une perspective de don et pas dans une perspective de prédateur, de domination ou d’un jeu séduction-domination. C’est une autre perspective, un changement de regard sur ce qu’est la femme en tant que femme, épouse et mère.

Un féminisme pour la famille…

Élisabeth Montfort: Évidemment que cette réconciliation de l’homme et de la femme commence dans la famille et continue aussi dans la vie sociale et professionnelle et dans la vie politique. Et je reste convaincue (car d’abord je l’ai expérimenté) qu’il est possible de mettre en œuvre des actions communes dans le respect des uns des autres avec les hommes !

Donc ce qui est possible de faire entre mari et femme dans la famille, en tant qu’époux, est possible de mener d’actions communes avec des hommes dans la vie politique et dans la vie économique (bien sûr, ce n’est pas la même chose…) – mais à condition de sortir du jeu séduction-domination. On dit que séduction c’est plutôt les femmes, domination c’est plutôt les hommes, en tout cas, c’est un jeu de pouvoir et de rivalité.

Je crois qu’on s’est complètement trompées sur l’égalité homme-femme, par ce qu’on a voulu mettre l’égalité sur le comportement, le faire et l’agir, alors que c’est d’abord une égalité de l’être. Tant qu’on restera au comportement et à l’agir on ne pourra pas prendre en vérité l’égalité homme-femme. Alors on va prendre des lois, les gouvernements vont rédiger des projets des lois sur le congé parental, sur l’accès des femmes aux postes de direction, mais ce n’est pas une réponse qui est juste au regard de la personne humaine dans sa totalité unifiant en tant qu’homme et femme. C’est une égalité abstraite et un appauvrissement de l’égalité, par ce que c’est de l’égalitarisme. L’égalitarisme est une idéologie. Au nom de l’égalité, on réinvente une autre civilisation. Ce n’est pas une petite affaire ! Et c’est ça ce qui est à l’enjeu aujourd’hui : c’est une révolution culturelle. Peut-être que les européens sont d’accord, mais on pourra demander leur avis ! Ça se passe sans l’avis des citoyens.

Ce n’est pas la volonté populaire !

Élisabeth Montfort: C’est assez diffèrent de la volonté populaire. En tout cas, le peuple ne se rends pas compte du changement de la civilisation et il assiste médusé, étonné, de temps en temps il saisit quelque chose, mais il se dit : «Non, ce n’est pas possible !» Mais si.

 

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